jeudi 13 février 2014

Jamaica


Patience, ce qui me manque un peu, est probablement la meilleure qualité à avoir pour les longues navigations.  Léa se met en mode foetus et François endure, stoïque.  Je pense qu’il pourrait endurer n’importe quoi juste parce qu’il sait ce qu’il y a au bout et parce qu’il est capable d’en endurer plus que moi, c’est le capitaine, pas pour rien.

Par contre, on devient tous les deux sérieusement affectés par le sommeil surtout les 3 premières nuits après, on s’y fait.  Le pire, ça été de remonter le vent pendant toute la traversée.  
On a tracé des bords (tack) au pres/nez au vent à 2,5/4 noeuds maximum en gitant à 25-30 degrés, inconfortable, long et pénible.  La nuit, on mettait le moteur quelques heures pour reprendre le bon cap mais on avançait pas plus vite.  Quatre jours comme ça, une chance que la vague était un peu moins grosse, 5 à 7 pieds.

Et puis, après avoir passé d’énormes bancs/hauts-fonds appartenant à la Colombie, c’est comme si on passait une latitude qui nous a mené dans une autre mer beaucoup moins agitée.

Un à deux mètres de vagues, ça fait du bien, vent léger, toujours face au vent mais beaucoup plus civilisé.  Le soir du quatrième jour, on s’est même permis un verre de rouge.

Le mardi, cinquième jour, à 95 miles de Montego Bay, on a mis le moteur.  François savait que ça me ferait très plaisir d’arriver le lendemain matin.  Lui, il aurait continué à voile comme un vrai navigateur et arriver un à deux jours plus tard mais on a choisi de dépenser 200$ de diesel, très bien investit selon moi et d’en finir.

Cette nuit là, pendant mon quart, à 30 miles de la côte, j’ai senti la terre.  J’avais lu, entendu parlé de cette odeur mais là, j’ai compris.  Une odeur de fumée parfumée, les étoiles brillaient, j’étais fière de moi, de nous, du chemin parcouru, un instant magique.

François l’avait ressenti environ à 60 miles à cause de ses allergies, il s’était remis à être congestionné.

Trop, trop agréable ici, enfin l’atmosphère relax des Caraïbes.

Super soirée au Montego Bay yacht club, drinks, spécialités jamaïcaines.

Aujourd’hui, méga épicerie au Mega Mart.  Tout ce qu’on peut vouloir et plus et all made in Jamaïca.  Épices, bières red stripe, jamaïcan patty.  Il y a même une RBC, assez bizarre conduite à gauche.

Demain, marché de fruits et légumes, marché des artisans, on adore.

On continuera notre route par la côte nord de l’île, de mouillages en mouillages, de courtes navigations entre chacun jusqu’à Port Antonio à la pointe est d’où on partira pour l’île à Vache, Haïti et la République dominicaine.  

Pour Léa, je vous avouerai qu’en ce moment la matière principale est l’école de la vie.

François est naturellement allé voir le bush man, feeling irie.

Ya man, no problem man.

Respek.

vendredi 31 janvier 2014

Traversée

Mouillage très tranquille après la mer des Caraïbes, Providencia, Colombie

Partis de Bocas vers 11 am, dimanche le 26 janvier, des vagues de 3m nous attendaient à l’entrée de la baie, bonne traversée! Une demi-heure après avoir quitté, on était tous allongé avec un début de mal de mer qui n’a fait que s’empirer au fil des 4 jours suivants.

Remonter face au vent et au courant, c’était notre plan et on savait que ce ne serait pas facile mais inconfortable à ce point, non.  J’ai rarement le mal de mer et habituellement, je m’adapte très vite même chose pour Léa mais là, c’était l’enfer, ça ne passait pas.  François, lui, quand ça lui arrive, il vomit très vite et après il est comme un neuf.  Là, plus les jours avançaient moins on mangeait, plus on se déshydratait et plus la vague et le vent augmentaient.  On parlait à peine, on mangeait à peine, on attendait que le temps et que les miles nautiques s’accumulent mais à 2, 2.5 mn/à l’heure, c’est long 700mn.

Les prévisions semblaient bien, en tout cas mieux que tout ce qu’on voyait depuis les 2 derniers mois.

Le plan c’était la Jamaïque mais pour s’y rendre, il fallait aller contre vents et courants vers la côte de la Colombie mais quand il vente 25 noeuds et de la vague de 10 pieds au 6 à 8 secondes, que le bateau fait des sauts chaque fois qu’il redescend la vague, l’équipage commence à se poser de sérieuses questions.  Pour la première fois, le capitaine avait peur de perdre le gréement et d’endommager le bateau structurellement.  

La nouvelle météo prévoyait un avertissement de tempête un peu plus à l’est, le découragement commençait à bien s’installer surtout pour Léa et moi.  Elle adore les traversées ou elle peut lire, regarder des films, etc. Celle-ci était différente de toutes celles qu’on avait faites jusqu’à présent parce qu’on ne pouvait strictement rien faire.  

Mercredi, 2 bris de voile que François a dû réparer en haute mer; corde de 1 pouce de diamètre du genoa sectionnée, les oeillets attachant la voile du mizzen en train d’arracher et le coup ultime à 10pm, les cadrans qui sonnent et une fuite d’huile dans ces belles conditions.  Moteur éteint, on essaie de changer la direction pour se mettre vent arrière, en sécurité mais tous les ajustements sont faits pour remonter le vent au maximum donc pas moyen de rien faire avec le bateau.  On réduit la surface de voile et Daybreak se place naturellement en position neutre face au vent.

Il fait à peu près 200C dans la chambre des moteurs, le capitaine est vert, on est fatigué alors on décide de se reposer quelques heures.  Bonne fête chérie, beau cadeau.  Le bateau est poussé tranquillement vers l’ouest, aucun danger, on vérifie et aucun obstacle. Si on veut, cette même direction nous mènera tout droit vers l’île de Providencia, Colombie le lendemain, oasis au milieu de la mer des Caraïbes.  On se couche donc pour reprendre des forces et regarder le dommage à la lueur du jour.

Cinq heures du matin, l’esprit plus clair, François répare la fuite et plus question de continuer, les dernières heures nous ont fait dériver et il faut se reposer, il reste encore 3 jours pour la Jamaïque.  On s’en va à Providencia.

Deux ris dans la grande voile, un genoa réduit, vent de côté, bateau stable, on fait entre 5.5 et 8 noeuds facilement vers Providencia.  C’est ma fête ce matin là du 30, le moral est soudainement revenu pour tous.  Léa peut lire enfin confortablement, je la regarde et elle a l’air d’une Jamaïcaine avec ses cheveux pas peignés depuis 4 jours, le capitaine dort paisiblement et je suis très contente de m’offrir un weekend de fête en Colombie.

Tout est calme, on vogue paisiblement, tout peut changer si rapidement sur la mer surtout en vent de côté ou arrière.  C’est la première mer qu’on traverse et je crois qu’elle est sûrement digne d’être considérée comme un océan.

Il nous reste environ 350mn à faire, la moitié mais on va se reposer, finir les réparations au moteur (le moteur a chauffé et ça a fait brûler le joint d’étanchéité), profiter de cette petite île au milieu de nulle part qui semble encore assez typique avec sa grande barrière de corail qui l’encercle.  

Arrivés au mouillage à 1h30 am, on s’est fait accueilir par un comité de réception de poissons volants (exocets) qui tombaient de partout, il aurait fallu porter un casque de protection avec visière.  On se pensait dans «l’histoire de Pi» quand il se fait bombarder par les poissons, une vision un peu préhistorique.  Tout ça, en se faufilant à travers les hauts fonds du chenal à la noirceur la plus totale, c’était la nouvelle lune.  Léa s’est réveillée et trouvait ça très drôle d’avoir autant de compagnie sur le pont, elle a fait le ménage, relançant les poissons un à un.  Vaga, elle, ne comprenait rien mais montait la garde pour indiquer les bouées du chenal.

On est tous plongé le nez dans l’oreiller, enfin!  

Ce matin, tout est délicieux.  Gros déjeuner, café, le bonheur.

On fait du ménage, le bateau est salé dans tous les sens avant d’aller compléter les formalités d’entrée en Colombie.  Bonne bouffe au resto pour célébrer mon anniversaire et notre arrivée.  

Les difficultés et les joies de l’aventure, c’est ce qui nous permet d’apprécier la vie à fond.






Chantelle, Kayla et Harry de s/v Ulysses Blue

Poisson volant en route (exocet)

samedi 25 janvier 2014

À bientôt

Léa, Kayla et Chantelle (s/v Ulysses Blue)



Prêts pour la traversée


On part dimanche matin vers la Jamaïque.  Une traversée qui fait 600mn en ligne droite mais probablement 800mn avec le détour qu’on fera vers la Colombie.  En partant de Bocas, on prendra un cap vers la Colombie pour un 200-300mn (2/3 jours) et avoir un meilleur angle pour rejoindre la Jamaïque donc entre 7 et 10 jours en mer.

Les prévisions de vent sont entre 15 à 25 noeuds, vagues de 2-3 métres (6 à 10 pieds) mais surtout des houles rapprochées à 8 secondes donc on s’attend à se faire brasser un peu parce qu’il faut remonter au vent le plus possible.  

J’ai fait de la bouffe pour 10 jours, comme ça on peu se reposer et pas se préoccuper de se faire brasser dans la cuisine.

Léa est triste de quitter ses amies australiennes mais excitée de découvrir les Caraïbes.    Lire des livres si elle a pas trop la nausée, regarder des films, jouer à des jeux et dormir, tel est son plan pour la traversée.

On pense s’arrêter à Port Antonio, à la pointe est de l’île, ça l’air qu’il y a des belles vagues et des beaux marchés de fruits.

Vaga, elle, sera en quarantaine sur le bateau tout le long du séjour car les chiens sont strictement interdit sur l’île à cause d’absence de rage.  Les autorités nous ont quand même permis l’accès mais le chien aura la visite d’un vétérinaire et devra rester à bord.    Donc, au moins 2 semaines à bord ou à l’eau.

Ensuite, on se repose quelques jours et on repart vers l’île à Vache (Haïti) ou Santo Domingo (République Dominicaine)

En passant, le capitaine est bien content d’avoir à faire un détour par la Jamaïque.




12 soupers pour une traversée sûrement mouvementée

Dernier mois à Bocas(Bastimentos)

Excellent latte


Passager clandestin
















mardi 17 décembre 2013

Générateur


Générateur (la suite), par Caroline

On attend toujours nos pièces pour finir de réparer le générateur et attendre une fenêtre météo pour traverser la mer des Caraïbes mais ça ne sera pas avant Noël donc on fêtera au Panama avec une famille australienne.

J'ai donc commencé à coudre mes coussins de cuisine en attendant le Père Noël...

lundi 9 décembre 2013

Retour au paradis

De retour au paradis! 

Très contentes de voir notre capitaine après 2 mois À Montréal et Squamish...On se prépare tranquillement à repartir bientôt pour les Caraïbes, traversée de 8 à 10 jours mais en attendant il faut réparer le genoa, monter dans le mât pour vérifier lumières de navigation, etc. On planifie aussi de rendre À Almirante sur le continent (nous sommes sur une île, Isla Colon) pour faire de vraies provisions avant le départ. Notre objectif sera la République Dominicaine mais on verra où le vent nous mène. 

À +

Pour nous suivre sur facebook:

https://www.facebook.com/daybreakoceane?ref=hl

mercredi 28 août 2013

Bocas Del Toro, Panama

La rentrée à l'école espagnole de Bocas Del Torro
Déjà 3 semaines à Bocas et les travaux sur le bateau avancent bien.  On a plus de toilette ni de frigo mais c'est pas grave, nous sommes à la marina et la ville est à 2 pas.  Super endroit, on aime beaucoup.  La routine est excellente depuis notre arrivée.  Surf, wakeboard ou paddle board, on s'assure de faire du sport tous les jours et quelques heures de travail pendant que Léa va à l'école ou joue avec des amis.  Les spots de surf sont à 5 minutes et s'il n'y a pas de vagues, on faire du wakeboard derrière le zodiac dans de l'eau transparente, pas facile comme routine!

Léa est par contre déjà en congé cette semaine étant donné que c'est la fin d'un trimestre ici.  L'école est de mi-février à fin novembre et ensuite les grandes vacances.  La semaine prochaine, l'école se rend chaque jour sur une île différente pour donner de l'aide, on ira sûrement pour les aider et rien de mieux qu'une immersion espagnole quelques heures.

Sinon, François a enlevé la toilette à l'avant du bateau qui perd des morceaux chaque jour, très populaire chez certains "cruisers", commencé la reconstruction de notre nouveau frigo/congélateur où on pourra garder de la crème glacée (!!!!) et je viens de finir les projets moustiquaires et coussins extérieurs du cockpit.  On avance bien dépendant du taux d'humidité qui détermine le nombre de pauses en une heure.

Le petit village de Bocas est sur l'île de Colon (où Christophe a débarqué en 1500 quelque chose comme partout dans la région).  C'est bien, hyper relax, pratiquement piétonnier  mis à part les voitures locales de l'île et a environ 12 épiceries chinoises.  Bizarre, toutes les épiceries appartiennent à des Chinois qui parlent espagnols (pas facile à comprendre) sauf le Gourmet food store qui est genre bio et rafraîchissant côté variété.


La couturière prend les mesures pour l'uniforme de l'école
L'école de Léa pour quelques semaines



La classe d'anglais
La "main"de Bocas
Sortie à Boca Del Drago avec la classe de Léa

Notre petite surfeuse à l'île de Bastimentos

Une amie allemande rencontrée sur la plage

Fait chaud

Bastimentos



Notre vieille toilette perd des morceaux chaque jour.  On savait pas que les pièces étaient aussi populaires!!!